La participation à travers le support associatif

Cette page présente l’étude de la participation citoyenne des jeunes dans la commune de Thônex. Nous précisons qu’il s’agit de la participation au sens des projets où les jeunes ont pu, d’une manière ou d’une autre, trouver un intérêt, s’inscrire dans des liens et s’engager dans une action collective.

Les projets qui composent notre recherche sont divers tels que des associations classiques et instituées (football et scoutisme), une association alternative (Gravside Family) et un projet de voyage en lien avec les travailleur.euse.s sociaux.ales hors-murs.
Cependant, il apparaît clairement que tous ont servi de support pour les jeunes et ont favorisé leur intégration dans la société. Les jeunes peuvent vivre, expérimenter et développer des compétences personnelles. On constate surtout qu’ils créent des liens au sein de ces groupes: Premièrement des liens d’amitiés avec les pair.e.s, deuxièmement des liens de citoyenneté. Ces derniers désignent le sentiment d’appartenance à la nation, la conscience des devoirs à respecter et le fait d’oser défendre leurs droits. Enfin, l’implication dans de tels projets oriente et soutient souvent la carrière professionnelle. 

Appartenir et s’identifier à des structures est donc indispensable pour les jeunes, ces individu.e.s en transition vers le monde des adultes et cherchant leur place.

Nous vous proposons de découvrir les expériences de différent.e.s jeunes qui participent ou ont participé à la vie d’associations à travers des portraits réalisés sur la base d’entretiens qualitatifs.

Démarche

Pour dresser le portrait de ces jeunes investis, nous avons étudié la participation sur trois niveaux. Le premier, est l’arrivée du ou de la jeune dans une association ou le départ du projet : qu’est ce qui les a motivés? La deuxième, propose un regard sur le jeune ou la jeune à l’intérieur de son association ou projet : quelle est sa place, son rôle et ses apprentissages? Le dernier niveau, est celui du lien entre l’association et la commune : quels sont les soutiens et les enjeux?

Les contenus des portraits feront ressortir les idées fortes de chaque expérience et notre conclusion portera sur une analyse transversale de la situation dans la commune de Thônex.

Projet Barcelone

Un voyage pour les jeunes par les jeunes


« Je suis jamais parti en voyage moi, à part au Kosovo pendant les vacances chez ma famille. »

La rencontre

Sur le temps d’une de ses pauses de midi, Erione nous accorde une rencontre pour nous parler d’un projet qui lui tient à cœur. Nous nous rencontrons dans le local des correspondants de nuit mis à disposition par les travailleu.se.r.s sociaux.ales hors-murs de Thônex. Autour d’une table de palettes en bois, nous découvrons un jeune un peu sur la retenue mais courageux de se dévoiler face à nous cinq étudiants. Il vit en France voisine, à Gaillard, mais poursuit sa scolarité à Thônex en Suisse, ici où tout semble plus facile, plus à portée de main qu’ailleurs. Son voyage, son premier voyage, débutera ici, en Terra Helvetica, à la maison de quartier de Chêne-Bourg où il a grandi et noué des amitiés au-delà des frontières nationales ou communales.

« On restait toujours à la maison de quartier de Chêne-Bourg. Après il y a un grand, un pote à nous, qui nous a dit que plus tôt il avait fait un voyage, il nous avait dit, il faut parler avec les TSHM de Thônex ou ceux de Chêne-Bourg. »

Les premiers pas

Un pote plus âgé avec une expérience, un groupe d’amis liés et des travailleu.se.r.s sociaux.ales disponibles sont les ingrédients qui ont permis à Erione de se lancer dans ce projet collectif. Le groupe d’amis veut traverser les frontières, leur destination: Barcelone. Un voyage, un objectif, qui motivera Erione pendant plus de huit mois. Grâce aux adultes, un des TSHM de l’équipe de la commune et une animatrice socioculturelle du Spot, Erione et son groupe d’amis trouvent une voix qui donne confiance à leurs parents et une ressource afin de se projeter dans la tâche qui les attend. Tout est enfin prêt pour que ce groupe de jeunes amis se lance dans une aventure qui forgera leurs souvenirs de jeunesse et leurs liens.

« Avec les TSHM maintenant on s’entend très bien. Ouais, [il y a ] un lien de confiance. »

Dans l’association

Lorsque Emilie notre experte en photographie se déplace d’un pas léger pour ne pas troubler le jeune, Erione nous dévoile une clé de la réussite du projet, la bonne ambiance.  Cette bonne ambiance est synonyme d’amitiés et de liens. Et des liens, Erione en a créés de nouveaux avec les TSHM , les adultes comme il aime à les appeler. Il leur fait désormais confiance car ils ont pu démontrer qu’ils étaient à l’écoute des jeunes, de leurs besoins et surtout de leurs envies. Erione aime d’ailleurs à le rappeler : 

« Oui, on pouvait dire ce qu’on voulait, on était libre et ils nous écoutaient »

L’association dans la commune

Voilà que le projet prend forme, les jeunes partagent la responsabilité du financement en enchaînant tour à tour ou ensemble des petits jobs et des ventes de hot-dogs. Malgré un manque de motivation au départ, le groupe se soude et s’investit lorsque les premiers sous rentrent dans la caisse du projet.

Cela fait huit mois maintenant, le groupe part pour Barcelone et Erione fait l’expérience de ses premières vraies vacances. Erione a découvert non seulement un pays, mais aussi des responsabilités, de nouveaux liens et un brin de liberté. Ainsi, le voyage d’Erione au-delà des frontières s’achève  sur un retour valorisant car pour une fois les adultes s’intéressent à lui.

«Une fois au Spot de Chêne-Bourg, il y eu une réunion et des gens nous ont parlé du voyage, ils étaient tous au courant.»

Scout

Le scoutisme, l’autogestion par les jeunes

« Le scoutisme, ça te sort de ta vie de tous les jours, c’est un environnement tellement simple, il n’y a pas de prise de tête. Les jeux sont simples mais dans la nature, cela a un effet de dynamique»

La rencontre

Autour d’un café à Thônex, nous faisons la connaissance de Cyprien, 21 ans. Il y a plusieurs années, sa maman ainsi que ses voisins l’ont poussé à assister à une première séance au sein des scouts. « ça marche souvent par le bouche à oreilles ». Puis à l’âge de neuf ans, il dit avoir très vite accroché lorsqu’il a vu que l’ambiance était joyeuse et tolérante. « Il y a toujours une très bonne ambiance, d’acceptation des autres, c’est très rafraîchissant quand on a 12 ans et que tout le monde se tire dessus au collège ». Quelques jours plus tard, nous rencontrons Marion une jeune fille de 19 ans dans les locaux de la HETS. Elle nous accorde ce moment d’échange avec sourire, humour et douceur. Actuellement à l’université de Genève en géographie, elle entame sa treizième année de scoutisme au sein de la Grande-Ours. Elle nous raconte avoir débuté cette aventure lorsqu’elle était encore très jeune… « Ma grande sœur a commencé les scouts parce qu’une copine avait fait les scouts, elle a bien aimé, du coup je me suis dit je vais aussi essayer. Ma petite sœur a aussi essayé et du coup on est toutes rentrées. J’ai aussi embarqué des copines avec moi qui ont également embarqué leurs sœurs et leurs cousins ça se fait un peu comme ça. »

“A 7 ans on était dans le groupe et on a grandit ensemble. On a aussi évolué ensemble dans la vie et dans la hiérarchie des scouts et c’est quelque chose de chouette”

Les premiers pas

Cyprien explique que les scouts sont divisés en groupe par tranche d’âge et genre, puis encore en sous groupe plus petit et que cela permet de créer des liens plus soudés. « Les scouts comptent parmi mes meilleurs amis ». De plus, Les responsabilités viennent de manière progressive, en commençant par exemple par décider d’un jeu d’une heure en passant par l’organisation d’un week-end et en finissant responsable de la gestion du groupe.  » A douze ans forcément on est là pour se marrer mais plus on vieillit plus on participe et on organise. Le simple fait d’organiser, forcément sa fait se remettre en question, ça responsabilise, on arrête les conneries, on veut que ça se passe bien et on essaie d’éviter les conflits au sein de son petit groupe. »
Marion parle d’un environnement simple, sans « prise de tête » où il est très rare qu’une personne ne s’intègre pas. Elle ressent une complicité particulière avec sa petite sœur qui fait également partie des scouts et qui a un statut de responsable comme elle. Elle nous raconte également qu’elle a créé des liens d’amitiés très forts et que ses deux meilleures amies viennent des scouts. « C’est aussi ça le scoutisme, c’est des relations humaines. Du coup que tu sois participant, responsable, il peut y avoir des tensions mais le truc c’est que t’apprends à les régler car tu ne peux pas passer au-dessus car ces gens tu les vois chaque mois, il faut les régler ».

“Je suis moins douillet et plus débrouillard, plus conscient du confort de la société après un week-end en tente sous la pluie”.

Dans l’association


Après douze ans en tant que participant chez les scouts ainsi qu’une année en tant que responsable d’unité (30 personnes sous sa responsabilité), Cyprien nous raconte son parcours… Il n’hésite pas à dire que le scoutisme a complétement changé sa vie. « J’étais timide et ça me permet de l’être de moins en moins et de me faire mes amis ».
Pour Marion aussi les scouts lui ont appris un certain nombre de choses et ont eu un grand impact sur son développement personnel. Selon elle, on se forme à travers les relations que l’on a avec les autres. De plus, depuis qu’elle a le statut de responsable, son rôle a changé. « On a une assez grande responsabilité sous nos bras vu que c’est un week-end entier. La nuit, il y en a une qui se réveille, qui n’est pas bien, il faut savoir ce qu’il faut faire. Et puis si on ne prend pas chacune nos responsabilités, notre rôle, alors il y en a qui vont être surchargée ou qui ne vont pas être assez sollicitée et c’est là que ça devient compliqué ».
Marion semble prendre très à cœur son rôle en tant que responsable. Avec une de ses copines qui est aussi responsable, elles ont décidé de mettre en place une activité en lien avec le réchauffement climatique. En discutant ensemble, elles ont pris conscience du fait qu’il fallait inclure une dimension de la réalité, une thématique actuelle de façon à donner plus de sens aux activités proposées.
A l’heure actuelle, Marion espère apporter un peu de bonheur ainsi que des rires à chacune des filles de son groupe. Elle nous dit être touchée de pouvoir leur dire ce qu’elle aurait aimé qu’on lui dise quand elle était plus jeune au sein des scouts. Son envie est de leur transmettre ce qu’elle a appris durant ces années, de les renforcer et de les mettre en valeur afin qu’elles aient confiance en elles.

« Bien sûr après j’ai des amis qui me disent : « oh mon dieu tu fais toujours les scouts, tu fais tout le temps ça, je sais pas comment tu fais ! ».

L’association dans la commune

Pour Marion, la relation avec la commune est basée principalement sur l’aspect financier. « Financier oui, c’est ce qu’on fait maintenant, c’est les subventions. Donc oui il faut déclarer combien d’enfant de leur commune participent à nos activités et combien de fois ils sont venus à peu près.[…] Après j’ai jamais ressenti un attachement particulier à une commune. »

Selon Cyprien, les communes répondent efficacement et positivement aux demandes que son groupe fait, notamment de pouvoir aller camper en forêt. De plus, les scouts reçoivent des subventions pour chaque participant.e ce qui leur permet de proposer une cotisation et des prix relativement bas pour les activités.

Graveside Family

De la rue à un local en passant par l’association

«On ne savait pas trop quoi faire, où aller. On s’est dit qu’on va se créer une assoc’ pour avoir un lieu, un local. Essayer d’avoir un truc pour nous. »

La rencontre

Après une journée de cours, nous rencontrons Diogo et Liridon dans la Cawa de l’HETS. Liridon la connaît bien cette Cawa, en effet ce jeune homme de 27 ans est actuellement en formation en emploi au sein de l’HETS. Il est accompagné d’un ami de longue date, Diogo. Du même âge que Liridon, Diogo est quant à lui réalisateur publicitaire. Ce qui les réunit avec nous ce lundi soir n’est pas seulement leur amitié et le fait qu’ils ont longuement fréquenté la place Graveson et ses environs mais leurs expériences communes au sein de l’association Gravside Family dont ils étaient respectivement président et vice-président. C’est avec nostalgie et plein d’engouement qu’ils partagent avec nous leurs souvenirs de l’aventure « Gravside Family ».

« Déjà à la base c’était pour nous, on s’est dit on va essayer de faire quelque chose, parce que quand on demandait si on pouvait avoir un local et cetera, à chaque fois c’étaient des refus »

Les premiers pas

Liridon et Diogo sont comme la plupart des amis qui formaient leur groupe, des jeunes des communes des Trois Chêne. Leur lieu de rassemblement habituel était la place Graveson. Il s’agissait là d’un lieu où ils n’avaient pas besoin d’appeler un ami pour savoir s’ils n’allaient pas se retrouver seuls, là-bas, il y avait toujours du monde. C’est sur cette place qu’ils ont passé nombres d’heures à rire, discuter, s’ennuyer, mais également à se faire réprimander par la police municipale suite aux plaintes du voisinage. Ils n’ont pas de lieu pour « eux » mis à part cette place publique et ils commencent à ressentir l’envie d’avoir un lieu à leur image, où ils pourraient se retrouver. Pour la plupart, ils sont en lien avec les travailleurs-euses sociaux hors murs, ce sont ces derniers qui vont leur proposer l’alternative de créer une association afin de monter leur projet. Leurs ambitions de créer par eux-mêmes un lieu pour eux et les conseils des TSHM leur permettront d’être acteurs dans la vie communale des trois communes durant plusieurs années.

« On s’était imposé ça à nous-mêmes, on voulait se mettre une certaine rigueur pour atteindre nos objectifs. On s’est mis des conditions, par exemple si tu ne venais pas à deux réunions de suite, c’était fini. »

Dans l’association

Liridon, Diogo et leurs amis sont soucieux de l’image qu’ils ont vis-à-vis des communes. Ils sont conscients que s’ils veulent que les autorités communales entrent en matière afin de soutenir leur projet, ils doivent être bien organisés et soudés. C’est pourquoi, ils mettent en place un mode de fonctionnement qui les “oblige” à s’investir dans la vie de l’association. Les différentes tâches ont quant à elles été assignées suivant leurs compétences personnelles. Ils ont chacun des connaissances qui leur ont permis, assez naturellement, de répartir les rôles dans le comité de l’association. Si l’association leurs permet de mettre en avant leurs connaissances, elle leurs permet d’en acquérir aussi. Le travail en groupe et la construction de leur projet leur a permis de développer de nouvelles compétences, comme la facilité de parler en public par exemple.

L’association dans la commune

On remarque vite à travers les témoignages de ces deux jeunes hommes, que le territoire sur lequel ils ont été actifs avec leur association ne s’arrête pas seulement à Thônex, mais s’étend sur les 3 communes des Trois-Chêne. Bien qu’originaire de la place Graveson, Graveside Family avait donc un local à Chêne-Bourg,  ouvrait une salle de gym sur la commune de Chêne-Bougeries et participait à différentes manifestations communales.  Même si, la tenue de projet sur la commune de Thônex a semblé plus complexe, ils savent tirer du positif de leurs démarches, et des échanges qu’ils ont pu avoir avec les politiques, “quand on les avait en face, on pouvait discuter avec eux, amener des idées, on était tous en formation, on avait des professions et puis ils se disaient que l’image qu’ils avaient de ces jeunes était complètement fausse.”

Dans leurs paroles, on ressent une certaine fierté par rapport à ce qu’ils ont pu accomplir et comment ils ont su arriver jusque dans les bureaux des mairies pour défendre leurs projets et l’image de leur jeunesse.

“ On m’a dit, vous n’imaginez même pas l’impact de votre association pour la jeunesse. C’est flatteur, je pensais pas que ça allait avoir cet impact-là”

De nos jours l’association « Graveside Family » n’est plus mais on constate à travers les témoignages de ces deux jeunes hommes que cette aventure a occupé une partie de leur jeunesse et qu’elle a laissé des traces dans leurs vies ainsi que dans le paysage communal.

CS Chênois

Un pied dans l’associatif par le sport

La rencontre

Marie et Noah sont tous deux mordus de foot, entraîneur.euse et joueur.euse au club les Trois Chênes. C’est avec confiance qu’ils nous ont livré leur vision du foot, un sport qu’ils pratiquent depuis leur plus jeune âge. En effet, après avoir tapé dans le ballon quelques années dans la cour de récréation ou entre les barres d’immeubles, ils demandent à leurs parents de les inscrire dans un club. Depuis leur entrée au CS Chênois, ils n’ont pas cessé d’y être.

“Tu apprends à connaître les autres équipes et tu passes de simple joueuse à un membre du club. Cela m’a beaucoup touché. Des fois j’ai voulu arrêter, mais cette appartenance au club m’a fait rester.”

Les premiers pas

La vie au club est loin d’être un long fleuve tranquille. La compétition est exigeante. Marie se blesse d’ailleurs à deux reprises ce qui la pousse à arrêter le sport d’élite. Noah doit s’affirmer parmi les joueurs, il nous avoue que parfois le sentiment de n’être pas intégré démotive certains nouveaux. Mais grâce à leur engagement et leur détermination, nos deux interlocuteurs.rices trouvent chacun.e leur place.

“L’image que j’ai dans le club, c’est que quand les entraîneurs me reçoivent, ils se disent qu’ils ont un bon joueur qui va les aider pour l’équipe. C’est clairement grâce à mon premier entraîneur qui m’a toujours dit que le comportement c’était mon point fort, contrairement à d’autres qui étaient plus forts en stratégie.”

Dans l’association

Ils ont même tous deux intégré des apprentissages précieux ; des valeurs comme le respect, le savoir-vivre en groupe, donner de soi pour les autres, apprendre de l’échec, être persévérant.e. Ils sont de plus d’accord d’affirmer que le rôle de l’entraîneur est primordial dans l’apprentissage de ces valeurs et pour la cohésion de l’équipe. D’ailleurs , leur propre rôle d’entraîneur leurs permet de transmettre à leur tour à des plus jeunes. Noah nous explique : “C’est aux joueurs de prendre la bonne décision, au bon moment, durant les matchs. […] et les entraîneurs sont d’ailleurs assez ouverts et attentifs à ce que nous on pense, ils essaient toujours de s’enrichir.”

La jeune femme nous explique qu’elle est extrêmement attentive à procurer un cadre favorisant un sentiment de sécurité pour les jeunes qu’elle entraîne. D’autant plus, que la plupart viennent des quartiers socialement et économiquement défavorisés de Thônex. Les entraînements sont, pour ces joueuses, un moyen d’oublier les problèmes quotidiens et une ressource.

Noah tient un discours similaire en affirmant que le sport permet aux enfants turbulents de se canaliser comme son frère, et que cela leur permet de tenir à l’école. Il pense d’ailleurs que la commune pourrait organiser des heures de rencontres dans les classes primaires, afin que les enfants découvrent les clubs sportifs locaux. Visiblement, il ne connaît pas encore l’opération “Thônex se bouge” qui a justement pour objectif de faire connaître les activités des associations aux jeunes de la commune.

L’association dans la commune

D’ailleurs, tous deux militent à leur manière pour des choses qui leur tiennent à cœur. Depuis que Noah est un élément important de son équipe, il s’applique à intégrer et encourager les nouveaux. Marie, quant à elle, est entrée au comité du club et est responsable junior. Elle a également participé à la création du premier club de foot féminin genevois. Elle se bat pour le foot de « base », le plus accessible pour tout.e.s. Selon elle, cela lui a appris ” à gérer les conflits et les valeurs” et elle affirme que de ” se battre pour les autres [l’a] souvent aidée, et que c’est pour cela qu’ [elle a] choisi [les études en travail] social”.

Son rôle de responsable junior lui a également permis de voir l’autre côté du décor, de participer à nombre de réunions. « Je peux proposer des projets qui doivent être validés par le comité. J’ai un droit de regard sur tout mais je m’intéresse pas à tout et j’ai plein de projets surtout pour les juniors…comme le  premier camp de foot féminin. [le président et les membres salariés] me laissent pas mal de marge de manoeuvre “.

Elle a finalement pu percevoir les pressions politiques et l’intérêt des communes des Trois-Chêne pour le club. Elle affirme que les divergences d’intérêts créent parfois des tensions dans le comité et qu’il  “faut savoir tirer ses aiguilles du jeu pour permettre à tout le monde d’avoir sa chance au foot”. 

“Les communes donnent beaucoup pour nous et je trouve important de faire dans l’autre sens. Je m’organise au maximum pour aller à leurs événements et répondre positivement à leurs projets.”

Conclusion

Le principal élément qui ressort dans chacun des entretiens est le fait que les jeunes s’investissent car ils trouvent un intérêt personnel dans l’association. Ils semblent aussi avoir l’envie de partager ou de transmettre certaines valeurs qui leurs tiennent à cœur. Ainsi, il y a un engagement personnel important, notamment à travers de nombreuses heures de bénévolat pour faire perdurer ou grandir le projet.

Nous avons aussi pu constater que pour entrer dans le projet associatif, les jeunes ont souvent un lien préalable avec une personne faisant déjà partie du projet. Plus précisément, C’est un lien familial ou d’amitié qui leurs permet de faire un premier pas dans l’associatif. De tels liens de qualités sont une condition nécessaire pour l’implication des jeunes.

S’investir est un moyen de se sentir acteur, de répondre à un besoin d’appartenance et de vivre une vie collective. De plus, ce genre d’expérience et de responsabilités participent à leur développement personnel par l’acquisition de différentes compétences. Plus tard, les jeunes vont d’ailleurs souvent les transmettre aux plus jeunes ou à d’autres personnes.

Un dernier constat est ressorti dans ces entretiens : les différentes associations et la commune de Thônex ont un lien faible. En effet, les associations montrent leur satisfaction à être soutenues financièrement. Cependant, les jeunes s’interrogent sur l’implication des élu.e.s à Thônex et ne les connaissent pas réellement. Nous avons d’ailleurs pu constater qu’à Thônex, les associations de jeunes se sont très peu développées comparativement à d’autres communes. Il semblerait ainsi important que de tels projets se sentent plus valorisés par la commune, notamment en soignant les liens, en ayant des contacts et un soutien outre que financier.

Bibliographie

Paugam, S. (2014). Intégration et inégalités : deux regards sociologiques à conjuguer in Paugam, S. (dir) L’intégration inégale, force, fragilité et rupture des liens sociaux.

Réalisation

Nadège Marwood (HETS Genève), Emilie Fournier (HETS Genève), Loïck Fertig (HETS Genève, Yohan Luccarini (HETS Genève), Sébastien Keim (HES/So Sierre)

 

Be the first to leave a comment!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Next Story

Remerciements

Story by coursweboasis

Read this Story